Accueil du chantier  > Production  > Comptes-rendus de réunion

L’école et ses critiques

10 mars 2010

présents : M. DESCHAMPS, D CZAL, G LANGOUET, G BLANCHETEAU, F BOUILLON, P MAZEREAU,

excusés : M CAHOUET, Y BAUNAY

I – s/chantier : ouvrages experts

Philippe Mazereau fait le point de son travail sur les revues généralistes du champ intellectuel, propose des compléments, notamment dans les sciences humaines et le champ social (note de Ph. Mazereau) remise aux membres du chantier) voir document ci-dessous

Á la suite de la discussion engagée sur les problématiques d’analyse possible, le Chantier convient d’un point d’étape lors de la journée de travail décidée début juillet. Danièle Czals présente son travail d’inventaire des ouvrages scientifiques et précise ses critères de choix (hors manuels, hors guides professionnels, hors préparation aux examens et didactiques professionnelles) et les questions à traiter qui font l’objet d’un débat et d’une décision collective.

II - Calendrier

Le chantier arrête les dates de ses prochaines réunions : 1 – La prochaine réunion se tiendra le 7 avril au siège du S.N.E.S.U.P., à 12 h 30. Elle sera précédée, pour les membres de l’équipe disponible, d’une réunion de travail sur le s/chantier « Presse militante », à 10 h 30 au S.N.E.S.U.P également. Gérard Blancheteau rapportera sur son chantier.

2 – La réunion suivante aura lieu le 19 mai, à 10 h à la F.S.U.

3 – La troisième réunion se réunira le 6 juin, à 10 h, à la F.S.U.

Enfin, une journée de travail ouverte aura lieu dans les tous premiers jours de juillet, chez Danièle, qui nous en précisera la date dans les prochains jours.

NOTE DE PHILIPPE MAZEREAU

Le point sur le sous-chantier : revues du champ intellectuel et SHS.

Une démarche qui articule problématique et méthodologie au sens où le projet général de rendre compte de la logique de construction et de circulation des discours sur l’école s’appuie sur la constitution de micro-corpus qu’il s’agit :

1.d’établir (avec les problèmes techniques que cela pose notamment la dématérialisation pour un traitement automatisé) 2.d’analyser en fonction des problématiques retenues.

1. Les micro-corpus ouverts : périmètre et traitements envisagés

1.1Les revues généralistes du champ intellectuel et/ou des sciences humaines Le Débat, Esprit, Pouvoirs, Panoramiques, Communications, Les temps modernes, la Pensée, La revue du MAUSS… La liste peut rester ouverte compte-tenu du nombre restreint de numéros à prendre en compte. La discussion avec Danielle permet d’ajouter un n° de Clio en 2003, un de liaisons sociales , voir aussi Spirales. Traitement : deux revues se dégagent quant au nombre d’articles consacrés aux problèmes éducatifs : Le Débat et Esprit, pour les autres on note un ou deux numéros sur la décennie. Il m’apparaît donc utile de dégager la ligne éditoriale de chacune d’elle, s’il y en a une, et de la confronter à celle des deux décennies précédentes, là aussi s’il y en a. Penser aussi à faire un poids comparé des articles Education par rapport à l’ensemble de la revue pour le Débat et Esprit. Ensuite la mise en commun de l’ensemble des titres d’articles de tous les numéros du corpus pourrait être significatif des dominantes en termes de qualification de la situation de l’école. De la même manière les éditoriaux de ces revues pourraient également faire l’objet d’un traitement automatisé par Alceste ou lexico. Par ailleurs, le listing des auteurs et de leur « raison sociale » viendrait alimenter le grand dictionnaire récapitulatif des producteurs de discours.

1.2Les revues scientifiques Nous avons retenu une revue dans les champs disciplinaires suivants : Revue Française de pédagogie, Revue Française de sociologie, Revue Française de Psychologie (le chantier aurait-il un problème d’identité nationale ?). Pour chacune des revues nous avons retenu le principe d’analyser les articles consacrés à l’éducation ainsi que la rubrique comptes-rendus critiques traitant des livres du champ éducatif. La dématérialisation est faite pour la RFP corpus très important et pour la RFS corpus beaucoup plus restreint. Pour la Psychologie la question se pose du maintien du choix de la revue du fait de la spécialisation extrême des articles. Il est envisageable d’augmenter ce corpus des deux numéros spéciaux d’Actes de la Recherche en Sciences sociales qui a consacré deux numéros à l’école sur la décennie.

1.3Autres micro-corpus susceptibles d’alimenter le travail Les grands colloques scientifiques traitant de questions généralistes sur l’école et l’enseignement. Exemple La crise de la culture scolaire Sorbonne 2003 qui a rassemblé un important nombre de contributeurs et des tables rondes de débats. (Ici se pose le problème de la recherche et du choix de ces derniers). La question des colloques internationaux se pose, UNESCO,OCDE… il semble pertinent de les intégrer au corpus. Etablir le listing des thèmes annuels des colloques de la Revue Administration et éducation. Faire éventuellement de même avec les séminaires d’école doctorale ? (idée non retenue car les importants font l’objet de publications spécifiques) Dépouiller un numéro spécial de regard sur l’actualité de la documentation française intitulé :Comment va l’école ? qui rassemble des choix de textes d’auteurs sur les thèmes suivants : les valeurs, la mixité, la démocratisation, que faut-il enseigner ? comment enseigner ? IL y a là compte-tenu du caractère officiel de la publication (service du premier ministre) un indice des auteurs reconnus et des problématiques qui font consensus.

2.Les problématiques qui structurent l’analyse

Rappel : l’objectif du chantier vise à : « identifier les thèmes significatifs contenus dans les discours portés sur l’école en dégageant les éléments de continuité avec les discours critiques du siècle dernier et les nouveaux qui renouvellent, hiérarchisent articulent différemment les jugements passés »

De ce point de vue la constitution du corpus ci-dessus ne répond que partiellement à l’objectif. Il répond à des exigences de cartographie de la diffusion/discussion de discours dans des espaces où s’interpénètrent la diffusion scientifique, la médiatisation auprès de publics spécialisés : professionnels de l’éducation, administrateurs, décideurs politiques, professionnels de l’opinion…A ce moment de la recherche nous pouvons dire que nous commençons à cerner les trajets empruntés par les discours leur impact potentiel lié à des indices de diffusion. Cependant, nous n’en connaissons pas le contenu analytique ou propositionnel. En d’autres termes, ces discours, dont nous identifions les voies de circulation, nous en connaissons les auteurs, les porteurs, mais nous n’en avons pas schématisé les contenus. Que nous disent-ils de la réalité de l’école ? Quels faits mobilisent-ils dans leur argumentation ? A quels autres discours répondent-ils ? C’est ici qu’entrent en jeu d’autres composantes de l’analyse qui renvoient à un autre travail celui qui consiste à définir l’état des questions et débats sur l’école, antérieurs à la période 2000-2009. La discussion fait apparaître que notre travail s’intéresse en premier lieu à la décennie 2000-2009 c’est à partir des thèmes présents ou émergeant dans cette décennie que nous verrons pour chacun d’entre-eux de quelle postérité ils sont issus et dans quels termes. C’est seulement à partir de là que nous pourrons, par différence, établir les thèmes et faits nouveaux et leur intégration aux rhétoriques constituées. Ce travail, pour être envisageable, passe par une réduction à leur plus simple expression les argumentations sur l’école et sa crise. Du côté des symptômes on trouvera par exemple des « faits », établis ou discutés, du type : le niveau des élèves monte ou baisse, l’école se démocratise ou pas, il y a une montée de la violence, l’évolution du poids économique de l’école dans l’économie générale, l’adéquation formation emploi…Ces « faits » sont appréciés selon des logiques qui peuvent s’étudier à trois niveaux :
Leur valeur logique : liée à la véridicité des prédicats contenus dans le fait.
Leur valeur de confiance : liée à la crédibilité sociale du fait au sein du collectif.
Leur valeur d’utilité : liée au potentiel opératoire (la valeur d’usage) du fait au sein du collectif. Ils sont en même temps mobilisés dans des logiques explicatives constituées historiquement qu’ils viennent confirmer ou infirmer. « Si le niveau baisse : c’est parce que les enseignants, sous l’influence des principes de l’éducation nouvelle ou soixante-huitarde, ont abandonné la perspective de transmission des savoirs au profit d’un socio-constructivisme mou. » A cet endroit la notion de complexe discursif nous est précieuse car elle permet de repérer les logiques à l’œuvre dans la détermination des représentations sociales sur l’école et sa situation au regard de ses trois fonctions sociales contradictoires : transmettre la culture, reproduire la hiérarchie sociale, et permettre une mobilité sociale par accession méritoire.

3. Le lien avec les autres segments de la recherche

Notre démarche est dominée par une logique historique ou diachronique sans pour autant délaisser l’aspect synchronique, c’est-à-dire les positionnements respectifs des lieux de production des discours. Le lien avec les autres secteurs de production/diffusion de discours : la presse et les acteurs syndicaux et associatifs doit s’établir sur l’année 2009. La mise en relation de l’ensemble des caractéristiques spécifiques à chacun des corpus, sur une année, devrait nous permettre d’approcher de façon synchronique un moment conjoncturel précis des débats sur l’école « La conjoncture est bien ce qui impose à chaque formation discursive sa stratégie rhétorique, son système de modalisation, la façon dont la polémique s’opère, la concession ou la reddition, la prise en compte du discours de l’adversaire »

Envoyer à un ami  Version imprimable de cet article Version imprimable