30-05-2022

 | GRAPHIQUE

Baromètre sur la lutte contre les discriminations en France

Le 21 mars, journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, Harris Interactive a publié pour Pote à Pote, le magazine de la Fédération Nationale des Maisons des Potes une nouvelle vague du baromètre sur la lutte contre les discriminations. Depuis 7 ans, Harris interactive mesure l’opinion du grand public concernant différentes mesures évoquées visant à lutter contre les discriminations. D’abord menée dans plusieurs pays européens en 2015 et 2016, l’enquête se concentre depuis 2017 sur le cas particulier de la France.

Que retenir de cette enquête ?

Cette vague d’enquête 2022 montre une forme de stabilité des appréciations. On note des Français plus favorables aux différentes options envisagées aujourd’hui qu’au début du quinquennat d’Emmanuel Macron.

L’ensemble des mesures proposées par la Maison des potes recueille une approbation majoritaire.

Par rapport à la mesure de 2021, les résultats sont stables. Ainsi, renforcer les sanctions juridiques en Europe contre les employeurs coupables de discrimination à l’égard de l’origine, de la nationalité, de la couleur de peau ou de la religion et garantir la même rémunération et la même retraite à toutes les personnes exerçant le même travail sur le territoire français, quelle que soit leur nationalité, recueillent un avis favorable de plus de 8 Français sur 10 (-2 points depuis l’automne dernier). Plus des trois-quarts des répondants sont favorables à l’anonymat des candidatures (CV) examinées par les employeurs (75%, -1 point par rapport à octobre), tout comme l’autorisation des recours collectifs en justice pour les victimes d’une même discrimination (79%, +2 points). Dans un contexte de crise sanitaire qui s’accompagne d’une crise économique d’envergure, l’égalité d’accès au travail reste un objectif majeur.

Les trois mesures suivantes, qui intègrent davantage la notion de citoyenneté, suscitent toujours une adhésion forte des Français et les niveaux restent néanmoins proches de ceux mesurés depuis l’an dernier. Autoriser les étrangers non-communautaires travaillant légalement en Europe à devenir titulaires de la fonction publique suscite 59% d’opinions favorables (-2 points). La régularisation des travailleurs étrangers sans papiers disposant d’un contrat de travail (61%, +2 points) atteint le niveau le plus élevé depuis 2015. Une majorité de Français se montrent toujours majoritairement favorables à l’élargissement du droit de vote aux élections municipales et européennes aux étrangers non-communautaires (56%). Cette dernière appréciation est en hausse de 2 points depuis octobre dernier, la plus haute mesure effectuée depuis 2015.

Comme à chaque vague, les mêmes catégories de population (les jeunes, les sympathisants de gauche) se distinguent par leur plus grand soutien à toutes ces mesures. Sensibilisées à ces questions sur le plan personnel, les personnes dont les parents ne disposaient pas de la nationalité française à leur naissance sont toujours plus nombreuses à se montrer favorables à ces différentes propositions.

Cette année, cette mesure intervient également 4 semaines avant le premier tour de l’élection présidentielle, nous avons pu analyser l’adhésion à ces propositions en fonction de l’intention de vote des Français et le résultat est particulièrement segmenté. Si, on l’avait déjà mesuré précédemment, les électeurs potentiels de gauche, ici de Jean-Luc Mélenchon, défendent plus fortement l’intégralité des mesures que la moyenne des Français, les électeurs de droite y apparaissent bien moins favorables.

De leur côté, les électeurs d’Emmanuel Macron semblent ainsi davantage proches de l’opinion générale des Français se distinguant particulièrement sur quelques mesures fortes : le renforcement des sanctions contre les employeurs coupables de discrimination (90% vs 84% au global) ; le recours aux « class actions » pour les victimes de discrimination (86% vs 79% au global) et le vote aux élections municipales et européennes des étrangers extra-européens vivant depuis 5 ans en France (62% vs 56%).

On aurait pu légitimement imaginer une perception semblable sur ces différents éléments entre les électeurs de Marine Le Pen et d’Éric Zemmour, il n’en est rien, c’est même une différence d’approche qui s’opère entre les deux électorats. En commun, mais à des niveaux moindres que la moyenne des Français, ils partagent une volonté de renforcement des sanctions contre les employeurs coupables de discriminations (68% des électeurs de Marine Le Pen et 59% des électeurs d’Éric Zemmour) et la garantie qu’à travail égal, nationaux et étrangers aient la même rémunération (72% et 71%). Néanmoins si la majorité des électeurs de la candidate du Rassemblement National sont également favorables aux recours collectifs pour les victimes de discrimination (59%) et l’instauration d’un CV anonyme (60%), les électeurs du candidat « Reconquête ! » ne sont que respectivement 49% et 43% à déclarer y être favorables.

Téléchargez le rapport

Envoyer à un ami  Version imprimable de cet article Version imprimable

Voir tous les articles « GRAPHIQUE »

Newsletter