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L’école et ses critiques

FAITS D’ECOLE

IDENTIFICATION DE L’OUVRAGE
Titre – Faits d’école Auteur –
Dubet François
Editeur - E.H.E.S.S. Date de parution – 2008
Genre – Ouvrage scientifique (Sociologie)

III – CONTENU

Sociologue spécialiste de l’éducation, François Dubet est professeur des Universités (Bordeaux 2) et directeur d’études à l’E.H.E.S.S. L’ouvrage se présente comme une sorte de synthèse des travaux de F. Dubet, reprises d’articles (parus de 1991 à 2008) et inédits. En annexe, sous le titre « Interventions », trois contributions données au journal « Libération (« Rebonds »), en 2001, 2004 et 2006. Une bibliographie –sélective- clôt l’ouvrage.

Tout en rendant hommage aux apports de la sociologie de l’éducation, des années soixante aux années quatre-vingt, sur la question des inégalités scolaires, F. Dubet entend ouvrir « la boîte noire » : « Les grands paradigmes se sont constitués […] en considérant que l’école était une sorte de boîte noire reproduisant […] les inégalités sociales ». Cette inflexion est maintenant bien connue et intégrée. Elle a déplacé l’attention vers les mécanismes internes de l’inégalité : fonctionnement de l’école, expériences et pratiques des acteurs… qui permettent à l’école de mettre en œuvre concrètement les finalités du tri social, quelles que soient les justifications dont elle s’entoure, les défenses dont elle se dote, les velléités de changement (« Adaptations » et « Réformes ») qu’elle exprime.

Dans cette ligne, les travaux de F. Dubet sur « la crise de l’école », sur « l’expérience scolaire », sur « l’égalité et le mérite », sur « intégration scolaire », sur « les violences à l’école », sur « le collège unique », sur « la laïcité »… conservent leur plein pouvoir de dévoilement. Mais son apport principal réside, sans doute, dans la mise en question de l’institution, de la responsabilité des acteurs, de la régulation du système.

COMMENTAIRE

Se proposer de dévoiler la responsabilité propre du système et de ses acteurs, même avec tous les outils, les précautions, l’objectivité du chercheur, fait courir le risque de se faire beaucoup d’ennemis : F. Dubet n’en manque pas. Ses « adversaires » prennent, d’ailleurs rarement le temps de le lire vraiment et de réfuter, de façon argumentée, ses mises en question, préférant disqualifier globalement les travaux d’un « sociologue de pouvoir ». Ce faisant, ils passent, sans doute, à côté de l’essentiel : François Dubet a été progressivement conduit à interroger la façon dont l’institution scolaire –en tant qu’institution- et ses acteurs –en tant que professionnels notamment- évoluent, et à poser, de plus en plus clairement, la question de la responsabilité politique : « A qui appartient l’école ? ». Cette réflexion, sur la façon dont l’Ecole s’intègre dans le champ démocratique, apparaît essentielle. Sans doute ne suffit-il pas d’en appeler à la volonté des élus de la Nation, au rôle que doit assumer le Parlement. L’institution politique n’est pas moins « désacralisée » que l’institution scolaire et tout se passe comme si, sur la question de l’Ecole, s’affrontaient en permanence et se neutralisaient deux légitimités : celle des élus ; celle des acteurs. L’Ecole, comme toujours en France, est au cœur de cet affrontement. Dans ses travaux et dans ses engagements, F. Dubet dévoile, plus que d’autres, cette contradiction démocratique fondamentale.

APPRECIATION

Les travaux de F. Dubet se situent clairement dans le registre « Ecole inégalitaire/Ecole de l’égalité » (B) mais l’analyse des butoirs rencontrés dans la mise en œuvre de politiques plus égalitaires l’a conduit à une réflexion de plus en plus importante sur l’institution, retrouvant (mais aussi dépassant) la problématique « Ecole institution/Ecole ouverte » (E).

« Faits d’école » apparaît également précieux à notre propre réflexion non seulement par la problématique globale de la « Réforme » qui marque le discours scolaire, mais aussi par la réflexion permanente de F. Dubet sur le rôle et la place de la sociologie, sur la façon dont les travaux des sociologues sont accueillis (cf. le chapitre 12 : Pourquoi ne croit-on pas les sociologues ?). Cette partie de sa réflexion m’apparaît essentielle pour notre travail sur les ouvrages savants.

M. Deschamps – mai 2009

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