03-03-2017

 | GRAPHIQUE

Former aujourd’hui les enseignant.e.s à l’égalité filles-garçons pour construire la société égalitaire de demain

Le Haut Conseil à l’Égalité publie le 22 février 2017 son rapport "Formation à l’égalité filles-garçons : faire des personnels enseignants et d’éducation les moteurs de l’apprentissage et de l’expérience de l’égalité".
La mixité est instaurée depuis 1975 à l’École, mais elle ne garantit pas l’égalité. En fin de Seconde générale, 7 garçons sur 10 s’orientent vers une filière scientifique, 4 filles sur 10 vers une filière littéraire.

L’orientation, tout comme les programmes et les manuels scolaires, sont des facteurs d’inégalités bien identifiés. Les pratiques des personnels enseignant jouent également un rôle clé. Et ils peuvent être aux prises, comme l’ensemble de la société, avec les stéréotypes de sexe. Ainsi, 56 % des interactions des enseignant.e.s le sont avec les garçons, 44% avec les filles.

Enseigner l’égalité, c’est aussi interroger ses pratiques et cela s’apprend. Depuis 2013, l’éducation à l’égalité a été reconnue comme l’une des missions des personnels. Ils y sont formés dans leur cursus initial (loi pour la refondation de l’Ecole du 8 juillet 2013) et tout au long de leur carrière (Plan pour l’égalité, circulaires).

Le HCE avait salué la détermination des pouvoirs publics à faire de l’école, lieu central dans le développement intellectuel, social et affectif de chacun.e, un véritable levier pour construire la société égalitaire de demain. En France, les élèves passent environ 30 heures par semaine à l’école pendant les 18 ans que dure en moyenne leur scolarisation.
Toutefois, le HCE fait le constat d’une mise en œuvre encore partielle et inégale sur le territoire : seule une minorité des 900 000 personnels enseignants et non-enseignants qui travaillent dans les écoles, les collèges et les lycées bénéficient d’une formation :

Dans le cursus initial : la formation à l’égalité reste optionnelle au sein des 32 Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Education (ESPE) (ex-IUFM) et disparate sur le territoire : la moitié de ces écoles considèrent former 100% de leurs étudiant.e.s pour un volume horaire variant de 2 à 57 heures annuelles ; Pour les personnels déjà en poste : moins de 1% des journées de formation concernait l’égalité femmes-hommes en 2013-2014.

Pour faire des personnels enseignants et d’éducation les moteurs de l’apprentissage et de l’expérience de l’égalité, le Haut Conseil à l’Egalité recommande :

  • de renforcer et généraliser la formation initiale des personnels sur l’égalité filles-garçons - par un module dédié obligatoire, l’intégration de cette question à l’ensemble des cours et la présence de personnes ressources au sein des ESPE - et d’en faire une compétence requise pour l’obtention des diplômes ;
  • de développer et garantir une offre de formation continue sur l’égalité des sexes en encourageant les personnels à y participer ;
  • d’élaborer un Guide pratique de la formation à l’égalité filles-garçons visant à accompagner et outiller les professionnel.le.s de l’Education nationale.

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