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11-03-2019

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Incidences de la révolution numérique sur la précarisation du travail, à 18h30. Fondation G.Peri (22ème étage) Tour Essor - 14, rue Scandicci - 93500

Dans le cadre de son séminaire « Les transformations de la structure sociale contemporaine », la Fondation a souhaité approfondir l’impact de la révolution numérique sur le travail, l’emploi et les statuts sociaux.
Dans cette perspective, nous prévoyons deux séances. La première sera consacrée aux incidences de la révolution numérique sur la précarisation des travailleurs.

Elle sera introduite par les exposés d’Antonio Casilli et de Sophie Bernard. Le discutant sera Alain Obadia, Président de la Fondation Gabriel Péri.

Antonio Casilli : « Les poinçonneurs de l’IA : digital labor, deep labor et micro-travail à l’heure des plateformes numériques"
Malgré leur relative invisibilité, les plateformes numériques de micro-travail représentent le phénomène marquant de la dernière décennie. Amazon Mechanical Turk, Figure Eight ou Clickworker sont des espaces où les entreprises et les startups « entraînent » ou testent leurs solutions d’intelligence artificielle en recrutant des myriades de travailleurs qui réalisent des micro-tâches de transcription, reconnaissance visuelle ou étiquetage de vidéo en échange de rémunérations très faibles d’à peine quelques centimes d’euros. Les études existantes se sont principalement concentrées sur des plateformes anglophones. Notre enquête DiPLab (Digital Plateform Labor, née d’un partenariat entre Télécom Paristech, CNRS, FO, France stratégie et la MSH Paris Saclay) a visé pour la première fois l’écosystème du microtravail en France et dans les pays francophones d’Afrique. Les résultats dressent un tableau surprenant des évolutions du marché du travail à l’heure de l’automation."

Antonio Casilli est maître de conférences HDR en Digital Humanities à Telecom ParisTech et chercheur à l’Institut Interdisciplinaire de l’Innovation (i3), une unité mixte de recherche du CNRS. Entre autres, il est l’auteur de En attendant les robots (Seuil, 2019), Qu’est-ce que le digital labor ? (INA, 2015, avec D. Cardon), Les liaisons numériques (Seuil, 2010).

Sophie Bernard : De l’indépendance à la dépendance des chauffeurs Uber : une forme renouvelée de sujétion des travailleurs
Résumé : Uber se présente comme l’emblème du capitalisme de plateforme, au sein duquel les plateformes numériques jouent le rôle d’intermédiaires entre clients et prestataires de service, ces derniers ayant pour particularité d’être des travailleurs indépendants. Or, dans un arrêt du 10 janvier 2019, la Cour d’appel de Paris a requalifié le contrat de partenariat entre Uber et un ex-chauffeur indépendant en contrat de travail. Le déploiement des plateformes numériques s’accompagne en effet d’un brouillage des statuts d’emploi, entre travail indépendant et travail salarié. S’appuyant sur une enquête inédite réalisée en France auprès de chauffeurs Uber, il s’agira d’explorer cette question d’un point de vue sociologique.

Sophie Bernard est Professeure de Sociologie à l’Université Paris-Dauphine (PSL University) et membre junior de l’Institut Universitaire de France. Elle participe à l’ANR CAPLA, une recherche collective sur le capitalisme de plateforme. Elle a notamment coordonné en 2018 avec Sarah Abdelnour un numéro thématique de la Nouvelle Revue du travail intitulé « Vers un capitalisme de plateforme ? ».

En savoir plus sur le séminaire

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