13-09-2017

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L’IRFSU y était !

Invité par ATTAC l’IRFSU était représenté lors des journées de l’université d’été des mouvements sociaux. Il participait en tant que tel à un atelier "Renouvellement militant : les enjeux de la formation" avec des représentants du MNCP, du centre de formation de Solidaires, de celui d’ATTAC et du CEPAG centre de la FGTB. Quelques réflexions par JM Drevon.

Comme le rappelait Annick Coupé (ex resp nationale de Solidaires) il fut un temps où les organisations syndicales françaises et étrangères étaient significativement présentes lors des forums sociaux.

C.Aguiton, dans son livre "La gauche du XXIè siècle" rappelle que c’est en 1999 à Seatle que nait le mouvement altermondialiste. A partir du premier FSM à Porto Allegre le mouvement altermondialiste s’est retrouvé régulièrement dans des forums. Tantôt mondiaux (réservés pour l’Europe à des délégations très réduite), tantôt européens et dans ce cas avec une forte présence et investissement syndical notamment de la FSU.

Le premier à Florence en 2002 est un formidable succès, puis Paris 2003 où la FSU est fortement mobilisée, Londres 2004, Athènes 2006, Malmö 2008 et Istanbul 2010. Il était alors inenvisageable que la FSU et ses principaux SN soient absents de ces rendez-vous, souvent couplés à des manifs anti… Ajoutons la participation de la FSU aux manifestations européennes diverses, aux contre sommet.
Si Solidaires a toujours été fortement présent la CGT était également significativement représentée par des fédérations notamment des SP. Les autres centrales européennes étaient aussi représentées.

Aguiton, toujours, explique comment ce mouvement s’est lentement mais surement délité. La crise d’ATTAC en 2006, alors que la FSU était fortement et efficacement présente dans son CA a participé en France de ce reflux et probablement de l’éloignement des O.S.

Depuis ATTAC a repris des couleurs, non seulement en s’affirmant comme une ressource en terme de réflexions et d’analyse sur la crise financière, la dette, les paradis fiscaux (son cœur de métier !) mais aussi sur les traités transatlantiques, la lutte contre le réchauffement climatique. Mais aussi et surtout en prenant le chemin des actions symboliques et non violentes (faucheurs de chaises).

L’université d’été des mouvements sociaux, qui est essentiellement assurée par la France, la Belgique et l’Allemagne mais attire aussi des espagnols et des italiens n’a pas la prétention de se substituer aux FSE. Réduite en termes de délégations, de pays, d’associations et surtout de syndicats elle représente cependant un réel terrain de rencontre de mouvements sociaux et de débat comme le soulignent fort justement Daniel Rallet et Julien Rivoire.

Mais c’est peu dire que les syndicats et la FSU y sont très faiblement représentés. Sans doute y-a-t-il mieux à faire dans la période ! Il est pourtant indispensable que se renouent des relations entre forces syndicales et mouvements sociaux.

Il est significatif qu’il y ait eu un débat serein avec les représentants des partis politiques "Etat des Gauches en Europe et relations entre les mouvements politiques et sociaux" avec notamment Y.Jadot, Barbara Romagnan, E.Coquerel, Podemos, Izquierda unida…et la participation de Zoe Konstantopoulou ex présidente du parlement grec et Edwy Pleynel. C’est évidemment la traduction du séisme créé par la FI, faisant suite à Podemos qui crée l’évènement et les débats.

Un autre débat passionnant sur l’Amérique Latine (J.Habel), le Moyen Orient (Gilbert Achcar)) suivi d’un atelier sur l’Amérique latine avec une argentine (Maristella Svampa sociologue que je recommande) une bolivienne, une brésilienne et un représentant du collectif de soutien au Vénézuela amenèrent tous à insister sur la nécessaire indépendance des mouvements sociaux. Annick C rappelant le forum social lors duquel Morales, Chavez et Lula étaient ovationnés à la tribune !

Je n’ai évidemment pu assister qu’à un tout petit nombre d’ateliers et forums. Mais je ne peux, à titre totalement individuel, que dire combien cela m’a redonné le moral et vivifié les méninges. On ne peut, ne doit pas ignorer ces espaces de débat et de rencontre, ces mouvements sociaux qui ne sont pas morts avec la présidentielle contrairement aux "grands partis". A l’heure où le syndicalisme va lui aussi être confronté à des questions, des combats difficiles sans doute faudrait-il y réfléchir.

L’atelier "Renouvellement militant : les enjeux de la formation" a permis à ATTAC, au MNCP, au centre de formation CEFI-Solidaire, au CEPAG [1] et à l’IRFSU un échange fructueux sur les problèmes rencontrés, notamment lors du renouvellement des militant.e.s. Discussions et rencontres tout à fait intéressantes qui doivent permettre de construire une suite unitaire, y compris avec la CGT absente ce matin là.

Jean-Michel Drevon

Le 3 sept - JMD

[1(lié à la FGTB fédération générale des travailleurs belges)

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