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28-03-2017

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Le billet de la présidente

« Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change… »
Ainsi parle Tancrède dans Le guépard, le film de Visconti.
Au soir du deuxième tour de l’élection présidentielle, le nouvel élu revêt ses habits de président. On ne peut que saluer la performance de celui qui est parvenu à être élu alors même qu’il vient du gouvernement d’un François Hollande dont l’impopularité atteint des sommets. En apparence, Emmanuel Macron innove : il est jeune, n’est pas porté par un des partis traditionnels, et son discours répète en boucle la rhétorique de la nouveauté. Sans insulter l’avenir, on peut cependant douter que l’innovation soit ici autre chose que cosmétique.

Ne s’agit-il pas de changer les formes du discours, l’emballage du projet, de vendre l’image de la jeunesse et de la nouveauté, afin que précisément rien ne change en profondeur, que l’on ne touche pas aux inégalités en tout genre qui gangrènent la société française de 2017, que l’arrogance des dominants continue à engendrer l’humiliation et la haine ?

Mais l’avenir n’est pas écrit, et les temps qui s’ouvrent nous appartiennent.
Plus que jamais, nous allons travailler à décrypter discours et politiques, à proposer à chacun.e les outils d’interprétation et de lutte, à développer les synergies, à éviter les approximations, afin de déjouer le pronostic du Prince Salina, toujours dans Le guépard : « Ensuite, ce sera différent, mais pire… »

Evelyne Bechtold-Rognon

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