13-01-2017

 | ON A VU

La Traversée : Retour de bagne d’un communard déporté

Gérard Hamon fait le pari de reconstituer le journal de bord de *** ***, l’un de ces 410 communards ramenés par le Var à l’été 1879. Autour de lui dans l’un des deux faux-ponts du navire, Augustin Nicolle, Prosper Quiniou, Marc Gonthier et Paul Chibout, quatre communards réels et inconnus sur lesquels l’auteur a accumulé une documentation patiente et passionnante, impressionnante de précision et de détails.

Gérard Hamon

« Lorsque les premiers déportés sont descendus, ils ont crié : “Vive la France !” et la foule a répondu par les cris de : “Vive la France ! Vive la République !” Ces cris se sont reproduits à différentes reprises. Dans la journée, un seul cri de “Vive la Commune !” a été poussé par un marin de Port-Vendres qui est connu et aura probablement à en répondre. » (Le Journal des Débats, 3 septembre 1879)
Le 1er septembre 1879 arrive à Port-Vendres, Pyrénées-Orientales, un ancien navire militaire de transports de chevaux, reconverti et employé depuis une dizaine d’années à la déportation de condamnés : le Var. C’est un trois-mâts de 1900 m2 de voilure, doublés d’un puissant moteur actionnant une hélice à deux ailes doubles de quatre mètres. A son bord, 410 communards, qui après un exil en Nouvelle-Calédonie de six ou sept ans pour la plupart ont obtenu du gouvernement de la République l’amnistie  ; ce 1er septembre ils touchent le sol français après un voyage en mer de dix semaines depuis Nouméa.

Pont du navire, et cellules, côtes somaliennes entre-aperçues, port de Suez – ou souvenirs des rues de Paris sous le feu, huit ans plutôt… Ce livre nous embarque dans un voyage long et lent, propice à la réflexion et à l’observation – ou au souvenir –, sous une chaleur souvent étouffante. C’est un voyage de libération et d’amnistie.

C’est un voyage en direction de la France.

L’auteur

Gérard Hamon a été professeur de mathématiques en France et en Afrique. Il a publié des ouvrages sur des sujets aussi divers que les mathématiques de la Renaissance italienne, l’histoire de l’algèbre arabe et celle des nombres complexes. C’est à l’occasion de recherches en archives qu’il a rencontré la figure de *** ***, communard originaire d’une commune d’Ille-et-Vilaine et déporté en Nouvelle-Calédonie. Il s’est alors lancé dans un travail minutieux de recherche qui l’a conduit à écrire La Traversée et à rendre ainsi hommage à tous ceux qui se sont battus pour la Commune.

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