Accueil du site  >  L’Institut
07-02-2017

 | L’Institut

« Dans quelle mesure travailler moins est-il désirable ? »

Si j’ai soumis ce sujet à la sagacité de mes élèves au bac blanc, c’est bien sûr parce que la question du travail et de la tension entre libération et aliénation est au cœur de la réflexion philosophique. C’est aussi parce que cette question ancienne habite les débats politiques d’aujourd’hui. C’est enfin et surtout parce que le Chantier Travail de l’Institut de la FSU a fêté ses 10 ans lors d’un séminaire qui a eu lieu les 1er et 2 février 2017.

Une rencontre passionnante, des échanges animés, des débats porteurs de questionnements humains, politiques et syndicaux majeurs : comment traverser les prétendues réformes sans y laisser sa santé physique, mentale, syndicale ? Comment construire des collectifs ? Comment conjuguer travail « professionnel » et travail militant sans exiger de soi-même un engagement déraisonnable ? 10 ans après, il est clair que ce travail commun sur le travail ne fait que commencer !
Mais comment travailler sur soi, et d’une certaine façon entre nous, sans tomber sur une recherche de l’entre-soi ?

C’est une des questions qui a été soulevée par le nouveau Conseil scientifique de l’Institut de la FSU, qui s’est réuni pour la première fois le 27 janvier 2017. L’Institut admet par définition un pluralisme de sujets et de démarches, et pratique la diversité épistémologique. Faire travailler ensemble chercheurs et militants, cela signifie que celui qui travaille peut être l’expert de sa pratique. C’est une constante et une des lignes directrices de notre activité : travailler sur le travail de chacun, ancrer la recherche dans l’expertise de celui qui pratique. Mais la dimension scientifique du travail de syndicalistes interrogeant des syndicalistes peut être interrogée. C’est pourquoi l’Institut a besoin d’un Conseil scientifique, pour se frotter aux exigences de la recherche universitaire, pour regarder ailleurs, autrement, pour être irréprochable dans ses démarches, méthodes et objectifs. Cette première réunion a amorcé le travail, qui se déploiera dans les mois à venir. Car comme l’écrivait Pierre Bourdieu, « La réflexion n’a toute son efficacité que lorsqu’elle s’incarne dans des collectifs qui l’ont incorporée au point de la pratiquer sur le mode du réflexe ».

Evelyne Rognon-Bechtold

Envoyer à un ami  Version imprimable de cet article Version imprimable

Voir tous les articles « L’Institut »