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07-02-2017

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Les 10 ans du Chantier travail : Un événement syndical sur le travail et l’activité

Les 1er et 2 février dernier s’est tenu à Paris un séminaire, « Le travail en débat », à l’occasion des 10 ans du chantier travail.
Entre 70 et 80 personnes y ont participé, en totalité pour la majorité d’entre elles, partiellement pour d’autres.
Il a bénéficié de la présence de deux « grands témoins », Yves Clot le premier jour, Yves Schwartz le second et de celle d’un représentant de Solidaires (Éric Beynel) le premier jour et de la CGT (Jérôme Vivenza) le second. La représentante de la CFDT n’a pas pu se libérer.

Pari tenu

Du point de vue de l’organisation, nous avons tenu notre pari d’en faire un séminaire de travail … sur le travail où les participants ont pu débattre à partir de leur expérience et de leurs savoirs, sur un pied d’égalité. La parole a pu circuler librement, sans hiérarchisation, entre les participants, à partir de leur activité de syndicaliste « de terrain », de dirigeant syndical, de chercheur, d’intervenant, de membre du chantier travail de l’Institut ou d’autres chantiers.

La plupart des participants se sont sentis tenus d’écouter, de contribuer, à partir du vécu de leurs expériences sur le travail et l’activité.

Les savoirs d’expériences, les savoirs théoriques, les débats de valeurs ont circulé entre les approches micro de l’activité et les approches macro-sociales du travail, dans le contexte actuel, syndical, social et politique.

Le nombre limité de participants et leur grande diversité de situation a favorisé les confrontations d’expériences et de points de vue, tant en plénière que dans les ateliers : « coopération chercheurs-syndicalistes sur le travail », « l’activité syndicale à la loupe », « travail et réformes » et « santé au travail ».

Une production abondante.

Les nombreuses contributions qui ont précédé le séminaire, denses et variées, avaient déjà lancé le débat qui a pu se nouer plus rapidement.

« Une communauté scientifique élargie » selon les termes chers à Ivar Oddone a commencé à prendre forme.

Les textes des interventions, des enregistrements et des transcriptions des débats seront mis bientôt en ligne sur le site du chantier travail, ainsi que des analyses et des pistes pour aller plus loin.

Au-delà de ces « traces », des transformations invisibles, immatérielles, humaines, se sont produites chez chacun des participants et vont continuer à se produire à travers des expériences nouvelles sur le terrain, ou au sein des syndicats.

Une ambition syndicale

La présence, outre Bernadette Groison, de responsables d’autres organisations syndicales et de plusieurs secrétaires généraux ou nationaux de syndicats de la fédération (SNES, SNUipp, SNESUP, SNCS, SNEP, SNPI, SNU Pôle emploi, EPA, SNETAP) au cours du séminaire et en particulier lors de la dernière après-midi, témoigne de l’intérêt croissant de nos syndicats pour la question du travail et a permis une confrontation des démarches et des questionnements des syndicats représentés.

Prendre en considération le travail, être porteur du point de vue de l’activité dans le travail... oui bien sûr, mais jusqu’où et pour quoi faire ?

Dans notre activité syndicale quotidienne, faut-il changer la focale ? La déplacer, l’élargir... pour faire toute sa place au travail comme activité ? Et sur quoi cela débouche-t-il ? En quoi cela produit-il de l’action syndicale, de la mobilisation collective, du rapport de force ?

Ce débat tant attendu par le chantier travail, par les chercheurs, par les syndicalistes engagés dans les CHSCT, a enfin émergé au cours du séminaire.

Les expériences des CHSCT, les combats (souvent perdus) contre les réformes et les nouvelles méthodes managériales, nous donnent à réfléchir sur la place que le syndicalisme doit faire au travail et à l’activité, comme objet et outil de construction des revendications et de l’action syndicale.
Ces débats traversent la FSU et ses syndicats, mais aussi la CGT et Solidaires, comme l’ont rappelé leurs représentants.

En conclusion

Le séminaire « Les dix ans du chantier travail » fera vraiment événement, non pas seulement par ce qu’il a produit avant et pendant les 1er et 2 février, mais d’abord parce que l’Institut et la FSU avec les autres organisations syndicales associées seront en capacité de produire au-delà du séminaire.
Deux propositions complémentaires à débattre :
L’embryon de « communauté scientifique élargie » constituée à l’occasion du séminaire, devrait s’organiser à l’initiative du chantier travail pour continuer le travail collectif engagé, en intégrant tous les participants et en poursuivant le débat sur un blog par exemple.
Formaliser notre volonté de poursuivre ces rencontres productives sur le travail et le syndicalisme, en proposant aux participants d’en faire des rencontres annuelles sur le modèle inventé à l’occasion de la première expérience.

Yves Baunay et Gérard Grosse

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