09-12-2017

 | ON A VU

Madeleine Rebérioux, Pour que vive l’histoire. Ecrits.

L’intention de l’ouvrage est de réunir dans un volume de référence, les écrits, les « textes majeurs de l’historienne ». Une œuvre qu’il faut donc rassembler puisque Madeleine Rebérioux préféra aux grands ouvrages de synthèse les formats plus courts d’articles, de notes, de chapitres d’ouvrages collectifs, de conférences ou de dossiers comme pour la revue Mouvement social qu’elle dirigea entre 1971 et 1982.

«  Donner à lire une œuvre  »

Madeleine Rebérioux fut une infatigable militante de la cause historienne. Enseignante en lycée (à Mulhouse puis à Saint-Maur) puis à l’université de Vincennes (à partir de 1962), militante au Snes puis au Snesup, co-fondatrice de la Société d’études jaurésiennes en 1959, co-fondatrice en 1960 de Vérité-Liberté contre la censure d’Etat durant la guerre d’Algérie, vice-présidente puis présidente (en 1991) de la Ligue des droits de l’homme à laquelle elle avait adhéré dès 1964, vice-présidente du Musée d’Orsay entre 1981 et 1987…

Comme l’indiquent Gilles Candar, Vincent Duclert et Marion Fontaine dans leur préface une telle vie semble bien avoir suivi un principe : « Ne jamais se reposer, si ce n’est par l’alternance des tâches ».

Pour notre part, à l’Institut de recherches de la FSU, nous n’oublions pas qu’elle fut aussi la première co-présidente de notre conseil scientifique et qu’elle accepta de diriger l’élaboration d’une anthologie de textes de Jean Jaurès sur l’éducation qui paraîtra quelques mois après sa mort en février 2005 [1].

Les socialismes, les hommes et les femmes au travail, l’Affaire Dreyfus, mais aussi la littérature et les avant-gardes de la Troisième République ou encore les Demoiselles d’Avignon de Picasso sont quelques-uns des thèmes qui composent ce copieux volume qui témoigne d’une vaste érudition et d’une recherche toujours féconde. Et bien entendu, Jaurès, sujet central pour Madeleine Rebérioux qui en fut la première véritable historienne.

Le volume composé et présenté par trois de ses compagnons des études jaurésiennes remplit parfaitement son office en donnant à voir l’importance de cette historienne dont la vaste érudition, les curiosités multiples et le parcours intellectuel et militant laissent peu de doutes sur la place qu’elle occupera pendant longtemps dans l’historiographie de nombreux sujets.

, préface de Gilles Candar, Vincent Duclert et Marion Fontaine, éditions Belin, 2017, 26 euros, 800 pages.

[1De l’éducation, Jean Jaurès, éditions Syllepse, 2005, réédité en 2012 aux éditions Seuil, collection Points.

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