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Vie syndicale dans la fonction publique

Militens : Une recherche sur le rapport à l’engagement des enseignants et l’impact du militantisme

Cette recherche, menée en collaboration avec le SNUipp FSU, le SNEP FSU et le SNES FSU, comprend un questionnaire représentatif, rempli par 3 278 enseignants du premier et du second degré, en collaboration avec la DEPP et le CERAPS CNRS/Université de Lille.

Depuis 2014, l’enquête Militens étudie conjointement le rapport des enseignants à l’engagement, et la médiation que les militants opèrent entre les enseignants et leurs organisations (syndicales, mais aussi politiques, pédagogiques, humanitaires, etc.).

Cette recherche, menée en collaboration avec le SNUipp FSU, le SNEP FSU et le SNES FSU, articule :
-  Un questionnaire représentatif, rempli par 3 278 enseignants du premier et du second degré, en collaboration avec la DEPP et le CERAPS Lille 2,
-  Une centaine d’entretiens approfondis avec des enseignants du premier et du second degré, dans une dizaine de départements,
-  Une série d’observations ethnographiques de réunions syndicales, sur l’ensemble du territoire français.

En collaboration avec la DEPP (ministère de l’éducation nationale) et le CERAPS CNRS/Université de Lille, l’équipe a conçu un questionnaire dont l’objectif est d’analyser les relations entre les visions du monde des enseignants, leurs rapports au métier et à l’action du syndicalisme enseignant.

L’analyse de la syndicalisation enseignante a été déclinée en deux thèmes complémentaires :
- Le regard des enseignants sur l’organisation, les raisons qu’ils ont de se syndiquer ou non, et plus profondément leur rapport à l’action du syndicat,
- L’activité déployée par le syndicat en direction de sa base, ses stratégies pour convaincre, recruter et fidéliser les enseignants.

Un questionnement sur les formes contemporaines du militantisme, et leur impact, est à l’origine de cette recherche. Les militants sont des interfaces entre le syndicat et les enseignants, auprès de qui ils incarnent l’organisation : leurs pratiques et leurs positionnements nous semblent donc essentiel à étudier. Si l’adhésion passe par le contact, paradoxalement, le syndicalisme enseignant n’est pas vraiment un syndicalisme de proximité. Beaucoup d’établissements étant dépourvus de militants, le travail syndical quotidien se fait surtout dans un local et auprès des administrations.

Sur le plan théorique, cette recherche entend contribuer à la réflexion sur l’engagement contemporain et s’inscrit dans le sillage des nombreuses études américaines sur les démarches d’organizing.

La qualité des retours des enseignants qui ont répondu au questionnaire permet d’élargir la focale à toutes les formes d’engagement.

Phase qualitative

Achevée en 2017. Des rapports de synthèse et des articles thématiques sont en cours de rédaction. L’équipe a interrogé une centaine d’enseignants.

Il s’agissait de mieux comprendre les manières d’agir des syndicalistes pour répondre à des défis tels que le renouvellement générationnel, l’articulation entre engagement pour l’organisation et aspirations personnelles, les difficultés de syndicalisation… Cette recherche action s’est appuyée sur la collaboration des équipes locales qui ont accueilli les chercheurs dans leurs locaux, les ont invités à leurs réunions, servi d’interface avec les enseignants, syndiqués ou non.

Sections concernées :
- SNES (sections académiques d’Aix-Marseille, Orléans-Tours et Rouen),
- SNUipp (sections départementales du Bas-Rhin, des Bouches-du-Rhône et de la Somme),
- SNEP (section académique du Nord-Pas de Calais, départementale de la Loire)

Phase quantitative

Les réponses au questionnaire ont été recueillies entre mai et décembre 2017, sur Limesurvey, à partir d’un échantillon aléatoire stratifié de 13 000 enseignants fourni par la DEPP. Le CERAPS a procédé à des rappels par mail et par courrier. Le taux de retour est de 25 %, soit 3 278 enseignants du premier et du second degré. Aucun biais ni problème de cohérence n’a été décelé. Le taux de syndicalisation des répondants correspond globalement aux données dont dispose l’équipe.

Pour le traitement de l’enquête, la proportion des professeurs d’EPS a été multipliée par trois pour obtenir une base suffisante (420 réponses). L’échantillon du Nord Pas de Calais est également plus important pour faciliter la comparaison avec l’enquête Engens (CERAPS 2007).

L’équipe

Laurent Frajerman est responsable du projet.

L’équipe initiale est composée de Gérard Grosse (responsable du traitement des données qualitatives recueillies), Igor Martinache (liaison avec le CERAPS), Georges Ortusi et Camille Giraudon (ARENES, Université Rennes 1). Elle comprend aussi bien des jeunes chercheurs que d’anciens syndicalistes qui s’investissent dans une démarche de recherche. Jean-Michel Drevon a participé à la phase qualitative.

Le questionnaire est sous la responsabilité scientifique de Laurent Frajerman et Jean-Gabriel Contamin (directeur adjoint du CERAPS). Outre le recueil sur Limesurvey et toutes les analyses afférentes, Thomas Soubiran, ingénieur du CERAPS, dirige les examens statistiques.

Le questionnaire est analysé par l’équipe initiale, plus Tristan Haute (CERAPS), Marie-Amélie Lauzanne (CSE-CESSP, EHESS), Stephan Mierzejewski (Recifes Université d’Artois) et Léa Palet ( CMH, ENS-EHESS).

Le Comité de Pilotage comprend des responsables syndicaux (secrétaires généraux des syndicats partenaires, Eliane Lancette, trésorière adjointe de la FSU, Gérard Aschieri) et des chercheurs en Sciences Politiques et Sciences de l’Education (Sophie Béroud, Bertrand Geay, Bernard Pudal, André Robert, Serge Wolikow, Frédéric Sawicki et René Mouriaux).

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