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Nouveau management public

Payer les enseignants au mérite ?

Payer les enseignants au mérite ? Pourquoi pas…Beaucoup d’enseignants peuvent trouver la suggestion logique, voire tentante, en considérant d’une part qu’une partie non négligeable de leur rémunération dépend déjà de leurs mérites pédagogique ou administratif, et que d’autre part une meilleure reconnaissance de leur investissement et de leur travail conduirait à un meilleur salaire. Mais c’est en réalité de tout autre chose qu’il est question.

L’expression « salaire au mérite » (Merit pay dans les pays anglo-saxons) a pour synonyme celle de « salaire lié à la performance » (Performance-related Pay). Il s’agit de rétribuer les enseignants en fonction de leur performance, c’est-à-dire en clair des résultats de leurs élèves, ce qui est radicalement différent, et introduit une nouvelle conception du métier d’enseignant et de son évaluation.

L’Institut de recherches de la FSU est un lieu de travail et d’échanges entre des chercheurs et des acteurs syndicaux. L’un de ses chantiers est consacré aux « Nouvelles figures de la performance à l’école ». Il a permis d’instaurer un dialogue fructueux entre des chercheurs qui interrogent les différentes facettes des phénomènes économiques et sociaux et des syndicalistes soucieux de participer pleinement au débat public et d’être force de propositions. Dans ce cadre, chercheurs et militants ont travaillé sur les paradoxes de l’évaluation, et en particulier sur l’idée faussement moderne et faussement simple du salaire au mérite. Comme dans les autres champs du social, la mise en place est précédée d’un travail de préparation des esprits, afin que les innovations apparaissent comme allant de soi. Mais d’où vient cette idée ? A-t-elle déjà été expérimentée ailleurs ? Pour quels motifs et avec quels résultats ? Dans les deux premiers chapitres du livre, Alain Chaptal et Romuald Normand présentent les expériences nord-américaine et anglaise. Thomas Lamarche replace ensuite cette « vieille idée neuve » dans le contexte des évolutions du capitalisme et du nouveau management de la performance. En complément de ces travaux, trois syndicalistes enseignants (un canadien, une anglaise, une française) donnent le point de vue de leurs organisations sur cette question.

Contributions de chercheurs, contributions de syndicalistes : ces analyses, malgré leurs spécificités et leurs statuts différents, méritaient d’être croisées pour mieux éclairer les enjeux de la question, mais aussi les difficultés et les nécessités de l’action.

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