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Nouveau management public

Présentation du chantier

Séminaire Institut de recherche de la FSU Le chantier « Nouveau management public »

Le chantier vise à fonctionner comme un Atelier de travail dans lequel seront conviés un expert / chercheur, un militant / syndicaliste que complétera un contrepoint de l’un d’entre nous.

Notre objet de fond vise à comprendre la transformation en secteur (au sens de secteur productif) d’activités structurées historiquement dans une logique publique, voire régalienne. Nous pensons que l’on ne peut pas se référer à une logique univoque de privatisation ou de marchandisation (dans une logique de dénonciation), pour comprendre les processus complexes qui caractérisent la formation de régularités sectorielles (les règles, les formes de mise au travail, les missions, les modalités de production et de valorisation…). Alors que notre chantier s’est attelé à la compréhension de ce que le capitalisme fait à l’éducation (cf. l’ouvrage de 2006, Capitalisme et éducation) puis à la notion de performance, en analysant notamment les liens entre performance de l’école et salaire au mérite des enseignants, nous souhaitons élargir la réflexion à d’autres services collectifs qui connaissent des trajectoires comparables (police, justice, santé, ministères…). La similitude des trajectoires organisationnelles de ces domaines provient d’une évolution du management public. Le développement d’un Nouveau management public, a pu être observé de façon précoce en Grande-Bretagne, il relaie une tendance/une mode/une trajectoire portée à l’échelle de l’Union européenne qui fait évoluer la notion même d’État ainsi que les modalités de la conduite des politiques publiques. Cette évolution ne peut pas être comprise en considérant que le mouvement touche « de la même manière » l’ensemble de ces champs, car ceux-ci restent profondément spécifiques, et ancrés dans des pratiques professionnelles, dans des contextes sociaux et historiques et dans leur nature même de‘service ’ (ie leur particularités relationnelles font que ce que produit le champ de l’éducation de la santé de la police ne se traite pas de façon identique). Cependant, cette évolution mérite que l’on traite conjointement de la façon dont évolue la manière dont l’état traite des services collectifs. Il nous semble que plusieurs composantes fondent une problématique commune, au-delà des particularismes sectoriels : rôle de l’évaluation et émergence de nouveaux critères de performances ; transformation des réalités et contextes de travail (notamment du fait des formes de la mise au travail, mais aussi en lien avec l’éclatement des collectifs…) ; mais aussi la création d’agences, distinctes de l’État lui-même qui sont en charge d’une fraction de pouvoir public, et notamment de la mise en œuvre des nouvelles règles… Ces nouvelles règles ou institutions transforment l’éthique macroéconomique, l’éthique publique qui caractérisait l’État providence. En fin de compte, il nous semble essentiel de rendre visible conjointement d’une communauté de question et des problématiques et d’une variété des conditions réelles de travail et de production de chacun de ces secteurs ou champs. Il nous apparaît que deux échelles de régulation sont en jeux pour saisir ces transformations instinctuelles : d’une part celles des variétés sectorielles qui induisent des régimes spécifiques et d’autre part celle des territoires (infranationaux/ nationaux/supranationaux) qui sont ceux qui voient se former les contradictions, les conflits, mais aussi les compromis réels quant à la nature des règles qui régissent les actions des acteurs (usagers, salariés, autorités publiques et privées).

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