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06-06-2019

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Privatisation de la formation en EPS : vue de l’esprit ou début de réalité ?

Claire Pontais ex Responsable nationale du SNEP-FSU - Responsable Formation des enseignants nous alerte sur une tendance à la marchandisation/privatisation de l’École et en particulier de la formation : l’arrivée de l’ONG Play international dans le champ de l’EPS ...avec le soutien actif du MEN.

Nous avons appris que des DASEN ont imposé à des collègues CPD EPS du 1er degré de rencontrer l’ONG Play international pour envisager des actions de formation auprès des enseignants.

Renseignements pris, nous avons constaté que cette ONG propose des kits pédagogiques via son programme Playdagogie. Qu’une telle ONG existe n’est pas le problème (encore que se présenter comme une ONG internationale alors que l’essentiel de son activité se passe en France peut paraitre douteux...), mais ce qui nous interroge fortement, c’est :

- pourquoi le ministère de l’Éducation Nationale lui accorde une décharge d’enseignant alors même qu’il la refuse à l’USEP ou d’autres associations complémentaires de l’Ecole "historiques" bien connues ?

- pourquoi passe-t-il une convention avec une ONG dont le programme met en avant des grandes finalités (santé, égalité filles-garçon) dans lesquelles l’on peine à identifier les savoirs spécifiques à la discipline EPS, alors même qu’il met en avant les acquisitions comme « savoir rouler à vélo » ou le « savoir nager » via la communication du ministère des sports ?

- pourquoi relaye-t-il de manière privilégiée cette ONG pour faire de la formation d’enseignant, alors même qu’il a à sa disposition les INSPE pour la formation initiale et un dispositif de CPC et CPD qui ne demande qu’à être dynamisé pour la formation continue ?

Le fait que cette ONG appartienne au Groupe SOS, mastodonte d’une « économie sociale et solidaire » (tendance libérale), bien connu pour développer des services publics à moindre coûts, ne nous rassure pas sur ce régime de faveur de la part du MEN... (voir notamment l’annexe de l’analyse détaillée).

Nous interpellons le ministre pour lui demander : de rendre transparent les moyens attribués (Play international annonce 48% de subventions publiques, dont celles du MEN), de ne plus solliciter cette ONG pour les écoles françaises, et de faire confiance aux CPC, aux CPD et aux professeurs d’ESPE en leur donnant les moyens de redynamiser la formation initiale et continue en EPS.

Dans le même ordre d’idée, Actibloom, plateforme privée qui a l’ambition de « fédérer » tout ce qui se fait sur l’EPS et le sport des 3-11ans, a reçu le soutien du MEN. Après ne s’être intéressée qu’au temps hors-scolaire, elle fait maintenant des propositions pour l’école et notamment sur la préparation du CRPE. Certes cette entreprise privée affiche un objectif de gratuité, mais les INSPE en formation initiale aussi ! et les sites des CPD des différents départements aussi ! …et là encore, ne demandent qu’à être dynamisé par une politique volontariste.

Pourquoi un tel site n’existe-t-il pas au MEN ? Les formateurs d’INSPE et les CPD pourraient l’alimenter régulièrement, faire part d’expériences positives, donner à voir une EPS de qualité. Tout le monde, profession, étudiant.es, élèves et ministère y gagneraient ! La vigilance de tous et toutes s’impose face à ces tentatives de déréguler le service public et ouvrir l’École au « grand marché » du sport, et la formation au privé ou à des partenariats publics-privés.]une analyse de cas révélatrice d’une tendance à la marchandisation/privatisation de l’École et en particulier de la formation : l’arrivée de l’ONG Play international dans le champ de l’EPS ...avec le soutien actif du MEN.

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