14-01-2020

 | A LA UNE

"Quand le logement va, tout va"

Le nouveau numéro de Regards Croisés N°32 - revue de l’IR-FSU - vient de sortir.
Pour la partie Arts "Marius ou le théâtre derrière les murs" entretien avec Guillaume Lambert.
Le Grand entretien donne la parole à Gérard Bras "Transclasse : un concept pour dire le monde".
Son dossier porte sur les questions du logement. Il explore les mécanismes qui président à ces choix de société : plonger dans un Paris qui se retranche de plus en plus ; suivre la construction d’un nouveau quartier en région parisienne ; s’interroger sur la fracture des territoires et son incidence sur les prix des logements ; et puis proposer des perspectives celles de la reconquête des endroits inoccupés : la naissance de LAD (Logement à défendre) qui sont en même temps que la reconquête des espaces urbains, des expériences alternatives et communautaires.

« Quand le bâtiment va, tout va » nous pourrions reprendre cette formule du député Martin Nadau lancée à la tribune de l’Assemblée Nationale en mai 1850 en la corrigeant ainsi « Quand le logement va tout va ». Car si le bâti se porte toujours bien il n’en va pas de même du logement : celui-ci cristallise aujourd’hui toutes les craintes et les espoirs des Français. Le mal logement concerne une grande partie de la population, beaucoup espèrent accéder à une propriété qui les mettrait à l’abri, les SDF sont aujourd’hui si nombreux que nous voyons resurgir des bidonvilles, les migrants sont devenus des ombres occupant les interstices de nos routes, les étudiants questionnent leur précarité et l’impossible accès au logement autrement que dans une colocation multiple et imposée, le logement social peine à s’imposer alors que 9,3 millions de Français vivent en 2019 sous le seuil de pauvreté, la gentrification vide les métropoles de ses couches sociales les plus fragiles tandis que les logements inoccupés perdurent et que les bureaux et les centres commerciaux fleurissent.

Aborder la question du logement c’est plonger dans la préoccupation principale de la population et lire dans cette cartographie des villes le sort qui est celui du plus grand nombre : la banlieue, la ruralité et souvent cette pauvreté « ordinaire » que dénonce le mouvement des gilets jaunes. En même temps, traiter cette question, c’est accepter l’inachevé et le manque – il semble impossible de circonscrire cette question qui déborde dans tous les champs de nos existences. Aussi notre choix, cette fois, a été de concentrer notre réflexion sur certains points afin d’apporter un éclairage particulier mais développé.

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