11-03-2019

 | ON A VU

ROLAND GORI « Il faut avant tout refuser l’évaluation ! »

Le numéro 29 de Regards Croisés publie un entretien avec Roland Gori.
Psychanalyste et professeur émérite de psychologie et de psychopathologie clinique à l’université Aix-Marseille il est notamment l’un des auteurs de "l’Appel des appels" et mène un combat acharné contre l’évauation.

Quel a été votre parcours scolaire ?

J’ai un parcours classique, du style méritocratique, dans le genre « fils du peuple ». Après une école primaire publique dans le quartier populaire marseillais de la Belle de Mai (d’immigration italienne dont je suis issu mais aussi corse et arménienne notamment), j’intègre les cours complémentaires donc les collèges à cycle court. Je suis alors repéré par des profs qui pensent qu’il faut que je fasse un cycle long et on m’oriente vers le lycée. C’est un point important dans mon parcours car c’est justement cette réorientation institutionnelle qui me désoriente socialement et psychiquement. Entre l’encadrement disciplinaire, paternaliste mais en même temps affectueux des professeurs de collège qui étaient souvent d’anciens instituteurs, et le style pédagogique d’un lycée de quartier bourgeois de Marseille, le lycée Saint-Charles, il y avait tout un monde...

Il est vraiment important de réfléchir à la relation pédagogique, à ce qu’elle apporte souvent, au-delà de la transmission des connaissances : un soutien affectif et des modèles identificatoires à des enfants ou des adolescents qui traversent des crises de développement psychique tout à fait normales. On oublie parfois que l’éducation est aussi une formation morale, civique, sociale et psychologique. La vision du monde de Jean-Michel Blanquer aggrave la désacralisation de l’enseignement, sa déculturation, au profit de l’acquisition de « compétences ».

Je me retrouve donc au lycée où je ne suis pas particulièrement heureux. Ce n’est pas mon milieu, pas mes habitus comme dirait Pierre Bourdieu, mes façons de penser et d’agir dans le monde. Je poursuis alors mes études dans une filière scientifique, et je trouve cela horrible ! Je suis en pleine crise d’adolescence et suis prêt à quitter le lycée, que je considère un peu à la manière de Pasolini, comme l’une des deux Institutions à détruire avec la télévision ! C’est un prof de philo qui me récupère à ce moment-là... Il m’invite à rejoindre sa classe de philosophie et grâce à cela j’obtiens le bac, avec la mention passable. L’urgence psychologique et sociale pour moi, à ce moment-là, était de quitter le système scolaire.

Je me lance du coup dans des remplacements d’instituteurs, qui me permettent d’avoir de quoi vivre, de faire l’expérience d’un métier et de poursuivre des études de psychologie à la faculté d’Aix en Provence. Je passe notamment les certificats de psychophysiologie générale et comparée, ce qu’on appellerait aujourd’hui des neurosciences. Je me passionne pour la neuroanatomie et la neurophysiologie. Le « patron » de l’époque me conseille d’aller à Paris pour faire une thèse orientée en neurosciences. C’est important dans mon parcours de savoir que je suis à l’origine plutôt tourné vers la rationalité, l’expérimentation et l’esprit scientifique. Ce sont plutôt mes problèmes personnels, mon rapport à moi-même, aux autres, au monde, qui m’amènent à m’intéresser à la littérature, à l’histoire, à la philosophie, et plus tard à la psychanalyse. Je me dirige vers la psychologie et les sciences sociales parce qu’elles sont au croisement des lettres et des sciences.

Je passe donc assez jeune un DESS de psychologie clinique et pathologique et je me retrouve à 23 ans en poste à l’hôpital de Châteauroux à plein-temps avec logement de fonction. Je découvre alors que tout ce que j’ai appris à l’Université est tout à fait formidable pour faire des diagnostics, mais bon, pour le soin, on repassera !

Je suis en effet totalement incapable d’accueillir les patients dans leur souffrance psychique. Pour combler cette lacune, je poursuis dans le sens de mes propres symptômes : c’est le savoir qui sauve ! Je décide donc de m’inscrire en thèse avec Didier Anzieu, grand patron de la psychologie clinique à Nanterre. Cette thèse, vous allez rire, a pour titre "La validité des critères linguistiques en psychologie clinique. Analyse en cluster du matériel verbal" ! Donc, vous voyez ce n’était pas du tout du côté de la psychanalyse mais du côté de ce qui allait devenir à la mode 20 ans après, c’est-à-dire la mise en correspondance de la structure du discours avec des processus psychologiques. A la fin de ma thèse, mon patron me dit : "Très bien mon cher Roland... vous n’avez pas perdu une seule miette sonore de vos entretiens mais le sens de la demande des patients est passé complètement à la trappe". C’était véritablement une interprétation non seulement des limites psychologiques de ce type de méthodes, mais aussi de mon symptôme.

Je suis à ce moment à la fois dans une crise personnelle et face à une crise sociale et épistémologique de ma profession. Si la psychologie clinique doit déboucher sur le fait d’être un « testeur » en psychologie ou un spécialiste en statistiques, cela n’a aucun impact sur la capacité d’accueillir la demande d’un patient car on n’a pas acquis les moyens de traiter la parole de celui qui s’adresse à nous. Du coup, j’entreprends une analyse, une formation au psychodrame et je me lance dans la prise en charge psychothérapique des patients que je reçois à l’hôpital. Après ma thèse je suis nommé assistant puis maitre-assistant à la faculté d’Aix-en-Provence. Je rédige et soutiens une thèse de doctorat d’État sur les apports de Donald Winnicott, un pédiatre et psychanalyste américain, sur « L’acte de parole, recherches cliniques et psychanalytiques » avec Didier Anzieu et Jean Maisonneuve.

J’obtiens ensuite un poste de professeur à Montpellier, où je fonde le laboratoire de psychologie clinique. Dans ces années 1980, l’absence de normalisation et de standardisation permettait une grande liberté de pensée, de parole, de réflexion critique. On se conçoit d’ailleurs comme universitaire, ce qui est un point très important car on est affilié à une institution prestigieuse, l’université, qui porte en elle la notion d’universalité. Assez rapidement, on va voir arriver une autre conception du statut de l’universitaire qui impacte très sérieusement la profession, le statut social, mais aussi la manière dont il peut travailler.

Quels sont les débats qui animent la psychologie à cette période ?

La grande question qui se pose alors est celle de créer des Instituts de Biologie Humaine pour la formation de psychologues cliniciens et de psychiatres, avec un enseignement de psychanalyse, de philosophie, de phénoménologie, de sociologie, comme le souhaitaient d’ailleurs certains des premiers freudiens dans les années 1920. Ce projet, renouvelé par « l’esprit de 68 », est celui de l’utopie d’une formation universitaire de psychanalyse, à entendre non comme une formation de psychanalyse (requérant le divan) mais comme un enseignement sur la psychanalyse pouvant intéresser l’ensemble des sciences humaines et sociales.

En 1983 je fonde une formation doctorale de psychologie clinique ouverte à la fois aux psychologues cliniciens et aux internes en psychiatrie.

Mais dans les années 1990, Claude Allègre, produit obscène du néolibéralisme, va contribuer à tout faire basculer, à « guillotiner » les expériences que nous avions tentées. L’arrogance et l’obstination de cet homme à imposer sa conception de la recherche va faire des dégâts importants en sciences humaines et sociales, On est tous égaux face au tyran… Hannah Arendt a écrit des choses formidables là-dessus. La fausse égalité du « tu » est fréquente dans le nouveau management des humains où l’hypocrisie convole avec le cynisme et la férocité. On a vu arriver des experts, souvent médiocres mais déterminés, comme savent l’être les « intégristes », quelle que soit l’idéologie dont ils se prévalent. Avec Claude Allègre nous sommes devenus des enseignants-chercheurs, définis par des fonctions instrumentales et plus du tout par une manière d’être au monde du savoir. Cela s’est accentué avec Valérie Pécresse, qui a considéré qu’il y avait des enseignants-chercheurs productifs et des enseignants-chercheurs non productifs. Mais les critères utilisés ne sont pas adéquats à nos disciplines scientifiques. Des experts nous ont ainsi dit que nos taux de publication étaient trop faibles quand bien même nous faisions de l’auto-publication avec nos doctorants dans notre revue Cliniques Méditerranéennes ! L’évaluation est une production de valeur et cette production de valeur n’est rien d’autre que la mise en place de dispositifs qui produisent des habitus au sens de Pierre Bourdieu et donc des manières de penser et d’agir. Le monde universitaire est passé d’un monde féodalisé à un monde moderne dans lequel finalement des tâcherons sont assignés à des places de production dans une chaîne automatique tout à fait comparable à celle de Charlot dans les Temps Modernes. Nous sommes passés de la domination patriarcale du mandarinat à la tyrannie des experts. La prophétie de Tocqueville était en train d’advenir dans le monde universitaire. Sous couvert de démocratie et d’objectivité, le pouvoir installait de nouvelles servitudes et sélectionnait les scribes chargés d’imposer de nouvelles normes. Il s’agit d’expertiser, de décomposer par des tâches parcellaires, en modules, en compétences et donc d’apprendre un geste manuel, intellectuel mais aussi affectif et social et de définir des protocoles et des standards permettant de prescrire à l’ensemble des travailleurs rien d’autre que l’accomplissement de ce geste. Les laboratoires de recherches deviennent des chaînes de production d’articles nécessitant une insertion dans un réseau d’hégémonie culturelle, essentiellement anglo-saxon, charriant une morale pragmatique et utilitariste, centrée sur le court-terme et la production exigée par le capitalisme financier. Et dans tous les domaines on a pu ainsi éliminer des champs entiers du savoir avec ces dispositifs d’évaluation qui n’étaient rien d’autre qu’une fabrique de servitude volontaire. Et c’est cela qui est vraiment odieux !

Par rapport à ce constat, comment résister ? Est-ce qu’il faut braconner du temps dans ces structures ou au contraire se tourner vers la créativité et essayer d’inventer des nouveaux modèles, des nouveaux lieux ?

Si nous laissons aux plus cons, aux plus tarés, aux plus réactionnaires les postes de pouvoir, ils les exerceront dans le sens de la prescription sociale du néolibéralisme. Donc nous avons aussi notre part de responsabilité… Je décide donc d’accepter des responsabilités et je suis élu à la section 16 du Conseil national des Universités, ce qui me permet de protéger un peu la psychopathologie clinique d’orientation freudienne.

Il y a eu un moment où de toute façon, malgré les positions de pouvoir que j’occupais, ma résistance au conformisme positiviste et mon souci d’une biodiversité des savoirs et des pratiques n’ont plus tenu. La rationalité pratico-formelle débouche sur une néo-évaluation purement quantitative, purement procédurale, purement formelle, et qui va déboucher vers un conformisme dans le domaine de la recherche comme dans le domaine de l’enseignement. A ce moment-là, je m’intéresse à l’épistémologie, je lis Canguilhem, Granger, Feyerabend, Kuhn et bien d’autres. Je travaille avec ma femme, Marie-José Del Volgo, qui est médecin, sur « Qu’est-ce ce qui donne une validité à un discours conçu dans le domaine des sciences humaines et sociales et de la clinique psychopathologique ? ».

Au-delà de la bataille épistémologique, c’est là qu’est né L’Appel des appels ?

Effectivement car dans une société où l’évaluation n’est rien d’autre qu’une fabrique de soumission sociale librement acceptée, vous pouvez raconter tout ce que vous voulez sur la validité d’un énoncé, ce n’est pas là que cela se joue. J’ai alors découvert la substance politique de nos métiers. D’où l’idée de l’Appel des appels  : nous, professionnels du soin, de l’enseignement, de la recherche, du travail social, de l’information, de la culture, de la justice, nous subissons la même machine normative qui corrige nos comportements et nos manières d’être. Il y a eu 90 000 signataires. Aujourd’hui nous lançons une nouvelle pétition : « Stop au gâchis humain ! ». Car ce qu’il faut faire désormais, c’est de la politique. Pas au sens de politique politicienne ou de politique de partis mais reconnaître que nous ne sommes pas dans la même société selon la conception que l’on a du soin, de l’enseignement, de la recherche, du rapport au savoir, de la pédagogie, de la justice, du travail social etc. Il faut redonner le pouvoir d’agir aux travailleurs et je pense qu’il ne peut pas y avoir de démocratie uniquement dans les urnes, uniquement dans les Institutions car la démocratie commence au sein même de l’usine. D’autant plus avec l’arrivée de la robotique, de la numérisation qui peuvent être soit la pire des choses avec le robot comme modèle auquel on doit s’identifier : « l’homme machine », ou la meilleure des choses dès lors que l’on serait capable de se servir des nouvelles technologies pour libérer du temps et réfléchir à une amélioration collective. C’est cette restitution du pouvoir d’agir des professionnels qui me paraît la condition préalable à la restitution de l’espace démocratique.

Par quoi commencer ?

Il faut avant tout refuser l’évaluation car c’est le symptôme et l’opérateur du néolibéralisme ! Évidemment il est normal de rendre des comptes, d’évaluer les conséquences de ce que l’on fait, les effets de ce que l’on produit. Mais il faut sortir du champ clos d’une évaluation quantitative procédurale qui conduit à des habitus de servitude et de soumission, d’inhibition et d’empêchement, collectivement et individuellement. La cible c’est casser l’évaluation telle qu’elle a été mise en place depuis 30 ans car elle est coextensive au néolibéralisme, à sa manière d’être dans le monde avec soi-même et avec l’autre. Casser cette machine à broyer qui s’est constituée avec l’évaluation et qui a instauré une morale purement utilitariste. Il faut aussi préserver la biodiversité des langues et le polyglottisme des savoirs qu’elles portent. Car on rêve dans une langue, donc si vous vous appropriez l’anglais de Wall Street et non celui de Shakespeare, vous vous en appropriez en même temps les rêves. Or aujourd’hui nous rêvons avec la langue néolibérale si nous n’y prenons pas garde.

Mais sous régime capitaliste, dans un système de chantage à l’emploi permanent, comment le faire concrètement ?

Regardez ce qui s’est passé avec l’élection d’Emmanuel Macron au pouvoir... Il a obtenu la magistrature suprême de manière tout à fait imprévisible, ce que Hannah Arendt appelle une « improbabilité infinie » avec évidemment des moyens infinis. Et il n’a plus rencontré aucune résistance. Il a cassé le code du travail un peu plus, il a réformé la SNCF, il a participé à la taylorisation des métiers et il n’a rencontré aucune résistance ! Et à un moment donné, vous avez quelque chose qui émerge sur un truc qui paraît minuscule, comme la taxe sur le carbone, et là, avec les gilets jaunes, on a l’impression en décembre 2018 que le pouvoir est démis. La superbe de ce monarque républicain était d’un coup par terre. Ce système est très puissant, omniprésent, omnipotent, jusqu’à ce qu’à un moment donné des éléments viennent bloquer la machine. Je suis très Jacksonien en termes de physiologie : tout ce qui est complexe est également ce qu’il y a de plus fragile. Par exemple à l’hôpital, les technocrates empêchent que le travail se fasse selon l’éthique médicale au profit d’une rentabilité gestionnaire. Des professionnels se suicident. Mais sans les soignants, sans les médecins, sans les psy, sans les infirmiers et les aides-soignants rien ne marche !

Comment bloquer la machine néolibérale à l’hôpital ?

Si vous êtes médecin par exemple, il faut casser l’évaluation technocratique en cotant tous les actes au tarif le plus bas. Si vous êtes enseignant, rien ne vous empêche de bloquer les machines de l’évaluation, au moins un temps, une semaine, un mois dans l’ensemble des secteurs. C’est justement cela l’ambition de l’Appel des appels, être une plateforme de convergence pour les différents secteurs dans la lutte contre l’évaluation.

Pouvez-vous revenir sur les gilets jaunes ?

C’est le psychanalyste qui vous parle : les gilets jaunes c’est un truc génial. Pourquoi ? Parce que c’est à la fois une symbolique de détresse et en même temps quelque chose qui permet à chacun de se reconnaître dans les autres tout en restant soi-même. Je suis passé dans une émission de télé pour France 3 Marseille avec deux gilets jaunes. Ils disaient : « Je ne peux pas parler au nom des gilets jaunes. Je parle en mon nom. » Ce respect du pluriel singulier comme dirait Hannah Arendt est très important. Maintenant toute la question est de savoir comment donner une forme, un sens et une cohérence politique à un mouvement de révolte sociale. La dislocation d’un ordre injuste, c’est bien, mais à condition de refonder les conditions d’un ordre plus juste, sinon on va vers le pire…

Ne peut-on pas copier les luttes victorieuses par le passé de décolonisation face au néolibéralisme ?

La question serait plutôt : comment peut-on aujourd’hui se décoloniser sachant que l’on ne va pas parvenir à une décolonisation généralisée ? En effet je ne crois pas à une vision de l’Histoire guidée par la flèche du progrès. Pour moi, il s’agit de faire surgir le changement à l’intérieur du moment présent. Il faut vraiment partir de la racine du mal, de la définition du néolibéralisme, qui est une vision anthropologique du sujet humain comme un capital qui doit produire sa propre satisfaction. Or l’être humain est-il purement et simplement un capital ? Une ressource qui, si elle est inutile, peut-être mise au rebut ? C’est toute la question qui est posée par les sans-abris. Car vous n’allez pas me faire croire que si on laisse les gens dans la rue c’est parce qu’on n’a pas les moyens de leur trouver des abris. Si on les laisse dans la rue, c’est une méthode d’intimidation sociale, ce sont des « épouvantails sociaux » qui montrent aux autres que s’ils ne font pas ce qu’on leur dit, ils finiront comme eux. Or à l’heure actuelle vous n’avez qu’un seul monarque, le monarque des ressources humaines et de la gestion. Je crois que dans toutes les Institutions il faudrait imposer un co-pilotage, gestionnaire d’un côté mais également humain. Malheureusement à l’hôpital aujourd’hui, c’est le pur gestionnaire, en la personne du Directeur d’hôpital, qui dirige les fonctions du personnel médical et soignant et non un médecin formé à accueillir la souffrance humaine ! C’est aberrant...

Bien sûr ce n’est pas demain que l’on va réussir à renverser la vapeur mais regardez ce qu’il s’est passé avec les gilets jaunes. Il faut montrer qu’il y a une autre planète possible, un autre monde. Je dis souvent que la crise écologique ce n’est pas la crise de la nature simplement mais la crise d’une certaine manière d’habiter le monde, une crise anthropologique. Je sais que votre matérialisme vous fait douter de la possibilité d’une lutte sociale localisée à la question de l’évaluation. Pour moi, inspiré par Jaurès, Camus ou Benjamin, l’automatisme des forces productives et matérialistes ne sont rien, ou pas grand-chose, sans la théologie qui les anime et les règle. Le matérialisme pur est un produit du capitalisme, il lui est coextensif. Le matérialisme ne peut pas gagner la partie sans l’esprit messianique d’une théologie politique. Il faut de la fiction, de la spiritualité politique pour mettre les masses en mouvement, il faut des symboles. Et surtout comme dirait Gramsci, si l’on a le pessimisme de l’intelligence il faut garder l’optimisme de la volonté !

22 novembre 1943 : Naissance à Marseille

1966 : DESS de psychologie clinique et premier poste à l’hôpital de Châteauroux

1979 : thèse d’État sur « L’acte de parole, recherches cliniques et psychanalytiques » sous la direction de Didier Anzieu et Jean Maisonneuve

1980 : Poste de professeur à l’Univeristé de Montpellier et création d’un laboratoire de psychologie clinique

1983 : Fonde une formation doctorale de psychologie clinique ouverte à la fois aux psychologues cliniciens et aux internes en psychiatrie

1984 par Roland Gori et Yves Poinso créent la revue Cliniques méditerranéennes

1997 : Arrivée de Claude Allègre au pouvoir et avec lui de nouvelles normes d’évaluation de la recherche universitaire

2007 : Valérie Pécresse poursuit la réforme néolibérale de l’Université amorcée par Claude Allègre

2008 : Roland Gori et Stefan Chedri lancent l’Appel des Appels pour résister à la destruction volontaire et systématique de tout ce qui tisse le lien social

2009 : Roland Gori est nommé professeur émérite de psychopathologie clinique à l’université de Provence

2013 : La Fabrique des imposteurs, Les Liens qui Libèrent, 2013

2014 : Faut-il renoncer à la liberté pour être heureux ?, Les Liens qui Libèrent, 2014

2015 : L’Individu ingouvernable, Les Liens qui Libèrent

2017 : Un monde sans esprit. La fabrique des terrorismes, Les Liens qui Libèrent

2018 : La nudité du pouvoir. De quoi le moment Macron est-il le symptôme ?, Les Liens qui Libèrent

8 Janvier 2019 : Roland Gori et Marie-José Del Volgo appellent à signer leur appel « Stop au gâchis humain ! »

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