Accueil du site  >  L’Institut
13-01-2017

 | L’Institut

Réseaux sociaux numériques : comment renforcer l’engagement citoyen ?

Gérard Aschieri, membre du CESE pour la FSU vient de corapporter avec Agnès Popelin un avis au nom de la section de l’éducation, de la culture et de la communication, présidée par Xavier Nau. Une vidéo en présente une introduction.

Voir la vidéo

L’engagement citoyen est plus que jamais dans notre société un enjeu central. Susciter, favoriser, valoriser cet engagement est décisif aujourd’hui ; c’est un facteur majeur de préservation et d’approfondissement de notre démocratie. C’est dans ce contexte que les réseaux sociaux numériques se sont faits depuis quelques années une place spectaculaire : 56 % des Français.es sont membres d’au moins un réseau social.

Si le nombre d’utilisateur.rice.s des réseaux sociaux ne cesse de croître, une partie de la population s’en trouve mise à l’écart par une fracture numérique tant en équipement que sociale.

Ces réseaux sociaux sur le net constituent des outils extrêmement puissants et attractifs mêlant valorisation de soi, agrégation d’individualités et force de coopération des liens ainsi constitués. Ils peuvent être vecteurs d’intelligence collective et de collaboration en ligne. Ils ont également transformé la circulation de l’information en une transmission qui se veut horizontale, transformant chaque socionaute en un émetteur récepteur d’information. La prise de parole est désormais à la portée de chacun.e. Des communautés numériques peuvent désormais produire des contenus qui seront commentés, transmis, diffusés, enrichis, quasiment en temps réel.

Ainsi les réseaux sociaux numériques offrent des potentialités remarquables pour susciter et favoriser l’engagement et sont aussi objet d’engagement. Il importe de ne pas les sous-estimer.
Il ne faut toutefois pas céder à l’illusion d’un quelconque déterminisme technologique soit en considérant que les outils socionumériques peuvent à eux seuls générer des formes nouvelles d’engagement et de mobilisation, soit en ignorant les faiblesses, les biais et les risques qui leur sont inhérents.

La logique économique qui sous-tend leur fonctionnement a une double conséquence. D’une part, elle repose sur la collecte des données, leur utilisation ou leur revente à des fins commerciales. D’autre part, elle implique de fixer le plus longtemps possible l’utilisateur.rice en lui proposant des relations et des informations qui lui ressemblent, et qui la.le confortent dans ses expressions ou ses émotions.

Tout cela génère des risques et des biais qui de plus en plus apparaissent au grand jour : enfermement dans des chambres d’échos ou bulles qui réduisent les possibilités de débat, diffusion de fausses informations et de rumeurs, possibilités de manipulation de l’opinion, propos de haine..., qui peuvent peser négativement sur l’engagement citoyen.

Ce constat n’invalide pas l’idée que les réseaux sociaux peuvent être des outils particulièrement efficaces en matière d’engagement citoyen. Mais il est décisif d’avoir conscience que comme la plupart des outils, ils présentent des caractéristiques ambivalentes voire contradictoires et nécessitent que l’on en fasse un usage responsable. C’est le sens des préconisations de cet avis.

Résultats du vote : avis adopté avec 186 voix pour sur 186 votants.

http://www.lecese.fr/travaux-du-cese/...

Envoyer à un ami  Version imprimable de cet article Version imprimable

Voir tous les articles « L’Institut »