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Vie syndicale dans la fonction publique

Une nouvelle recherche sur la syndicalisation et l’impact du militantisme

L’Institut de recherches de la FSU s’engage pour trois ans dans une recherche ambitieuse, menée en collaboration et pour le SNUipp, le SNEP et le SNES. La FSU soutient l’initiative.

L’objectif est d’étudier la syndicalisation, c’est-à-dire l’interaction entre une organisation et ses (potentiels) membres. Cela se décline en deux perspectives différentes :
-  Le regard des enseignants sur l’organisation, les raisons qu’ils ont de se syndiquer ou non, et plus profondément leur rapport à l‘action du syndicat
-  L’activité déployée par le syndicat en direction de sa base, ses stratégies pour convaincre, recruter et fidéliser les enseignants.

La recherche part d’une hypothèse centrale : l’impact du militantisme. Les militants sont l’interface entre les enseignants et le syndicat, ils incarnent l’organisation auprès d’eux. Leur positionnement, leur comportement nous semble donc essentiel à étudier. Si l’adhésion passe par le contact, paradoxalement, ce n’est pas vraiment un syndicalisme de proximité. La majorité des établissements étant dépourvus de militants, le travail syndical quotidien se fait surtout dans un local et auprès des administrations.

Il s’agit globalement de mieux comprendre les manières d’agir des syndicalistes pour répondre à des défis tels que le renouvellement générationnel, l’articulation entre engagement pour l’organisation et aspirations personnelles, les difficultés de syndicalisation… Cette recherche action vise à aider immédiatement les organisations dans leur fonctionnement militant, en leur suggérant des pistes de réflexion, en confrontant et en mutualisant les pratiques qui semblent efficaces. Elle s’appuie sur la collaboration des équipes locales qui accueillent les chercheurs dans leurs locaux, les invitent à leurs réunions, servent d’interface avec les enseignants, syndiqués ou non. Sur le plan théorique, elle entend contribuer à la réflexion sur l’engagement contemporain et s’inscrit dans le sillage des nombreuses études américaines sur les démarches d’organizing .

En effet, de nombreux syndicats ont lancé des expériences pour regagner des adhérents, dont le résultat dépend étroitement du contexte professionnel, national et syndical dans lequel elles ont éclos. Loin des recettes toutes faites, quelques principes restent transposables à la FSU : le syndicalisme ne peut espérer gagner des adhérents sans repenser leur place dans ses structures et son fonctionnement. Une politique ambitieuse de syndicalisation dépend de sa durabilité et de l’impulsion de la direction. Elle est conçue à partir d’une analyse fine des phénomènes, en général grâce à l’apport de chercheurs engagés. Elle implique des répercussions sur les pratiques militantes, ce qui entraîne souvent des résistances...

De nombreuses pistes sont explorées, sur la sociabilité, le fonctionnement des syndicats (notamment l’enjeu de la formalisation des pratiques), la place des services etc.

Méthodes

- qualitatives : étude de plusieurs sections départementales ou académiques chaque syndicat (entretiens, observations), insertion dans la vie des secteurs organisation nationaux. En moyenne, les huit sections concernées ont été visitées deux fois depuis la rentrée, pour analyser ce temps fort de la vie syndicale que sont les élections professionnelles.

- quantitatives : un questionnaire permettra de recueillir l’avis des enseignants sur l’activité syndicale, les publications etc.

Qui ?

L’équipe est composée de Laurent Frajerman (responsable du projet), Gérard Grosse, Igor Martinache, Jean-Michel Drevon, Aurélie Llobet, Georges Ortusi et Camille Giraudon. Elle comprend aussi bien des jeunes chercheurs que d’anciens syndicalistes qui s’investissent dans une démarche de recherche.

Un Comité de Pilotage accompagne ce travail sur le plan méthodologique et scientifique. Il comprend des chercheurs reconnus, principalement en Sciences Politiques (Sophie Béroud, Bertrand Geay, Bernard Pudal, André Robert, Sophie Béroud, Serge Wolikow, Frédéric Sawicki et René Mouriaux).

Enfin, chaque syndicat a nommé un référent pour suivre ce travail. Les secrétaires généraux du SNEP et du SNUipp, les trésoriers du SNES et de la FSU ont participé à la première réunion du comité de pilotage, le 2 octobre. Réunion présidée par Gérard Aschieri, qui a souligné que cette recherche témoigne de la volonté de la FSU d’être un syndicat de masse.

Laurent Frajerman

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