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09-03-2018

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« A la huelga, ya ! » ( à la grève maintenant)

Fantastique mobilisation des femmes en Espagne ce 8 mars. Plus de 5 millions de femmes mobilisée dans les rues, une grève massive. Ce 8 mars annonce-t-il un autre jour ? voir
Un programme de destruction méthodique des structures collectives capables de faire obstacle à la logique du marché pur", c’est ainsi que Pierre Bourdieu définit l’essence du néolibéralisme, dans un article du Monde diplomatique paru en mars 1998, il a y exactement 20 ans.

En lisant le livre que vient de publier à La découverte Christian Laval : Foucault, Bourdieu et la question néolibérale, on ne peut qu’être frappé par l’acuité des questionnements et des analyses de ces deux penseurs majeurs de la seconde moitié du XXe siècle. Michel Foucault et Pierre Bourdieu ont décidé de qualifier – le premier à la fin des années 1970, le second dans les années 1990 – le moment historique qu’ils traversaient par le même concept : « néolibéralisme ».

Ce néolibéralisme déferle aujourd’hui sur notre société en vagues d’une violence inouïe. Comme l’analyse Bourdieu, cette idéologie se pare de scientificité pour nier le travail réel, les conditions sociales et économiques et prétendre incarner LA vérité et LA réalité.

Cette prétention fait écho à l’usage que fait le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer des neurosciences dans le champ de l’éducation, auquel nous consacrons le dossier du numéro 25 de Regards croisés.

En ce mois de mars 2018, 50 ans après les débuts du mouvement de mai, comprendre les origines et les logiques à l’œuvre est la condition pour l’élaboration et la défense de l’intérêt public.

Car comme l’écrit Foucault, "Le problème politique le plus général n’est-il pas celui de la vérité ? Comment lier l’une à l’autre la façon de partager le vrai et le faux et la manière de se gouverner soi-même et les autres ?"

Evelyne Rognon

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