Accueil du site  >  L’Institut
09-04-2019

 | L’Institut

« Nous sommes fermés pour mieux vous accueillir ».

Le collègue de Pôle emploi qui me raconte cela en a presque les larmes aux yeux : voilà ce que sa direction a placardé sur la porte de son agence, qui n’ouvre plus ses portes au public que sur rendez-vous, nécessairement pris par voie numérique.
Et comment font les privés d’emploi qui sont bien souvent aussi privés d’un logement décent ? Pense-t-on vraiment qu’ils sont confortablement installés chez eux à surfer sur le net en attendant leur rendez-vous lointain avec leur « conseiller » ?

Cela fait plus de 7 mois maintenant qu’est paru Pourquoi joindre l’inutile au désagréable ? et que je sillonne la France à l’invitation de collègues militant.es de la FSU : Charleville-Mézières, Metz, Saint-Brieuc, La Roche-sur-Yon, Lyon, Bobigny, Paris, Toulouse, Montpellier, Bordeaux, Evry, Nantes, Dijon, Limoges, Paris, Saint-Denis, Grenoble, Clermont-Ferrand, Pau, Pantin, Deuil-la-barre, Chauny, Le Mans, Rennes… Des collègues du Snes, du Snuipp, du Snuep, du Snuter, de Pôle emploi, du Snutéfi, du Snac, du Snpi, du Snupden, du Snics, de EPA, Snasub, Snep, Snesup, Sncs…J’ai rencontré plusieurs milliers de camarades militant.es ou simplement intéressé.es.

Je ne raconte pas cela par vantardise. Mais je voudrais rendre audible quelques instants ce que disent aujourd’hui les agent.es du service public, celles et ceux qui sont attaqué.es et menacé.es par le projet de loi du gouvernement sur la fonction publique.

Elles et ils me disent à quel point leur travail est devenu dur, asphyxiant. Ils et elles racontent le temps sans cesse perdu et volé, le sentiment de ne pas y arriver, de perdre le sens du travail, et les menaces à peine voilées.

Les camarades rencontré.es disent aussi la lutte, la force, le rire, le soin pris les uns des autres.

Elles et ils ne baissent pas les bras et sont debout, engagé.es dans l’action locale et nationale.

Ils et elles me confortent aussi dans la conviction que le travail que nous faisons à l’Institut de recherches de la FSU est très utile. Démonter les mécanismes des réformes à l’œuvre, les logiques dans lesquelles elles s’inscrivent, redonner la fierté de la qualité du travail accompli, sortir de l’isolement mortifère, de la psychologisation et de la culpabilisation, percer les bulles de langage et les discours qui sidèrent, cela aide à vivre.

« Ton bouquin m’a sauvé la vie. Je me suis dit : « ça a donc un nom ce truc, ce n’est pas toi qui perds la boule. » Je ne sais pas comment j’aurais fini l’année sans ce stage. »

Envoyer à un ami  Version imprimable de cet article Version imprimable

Voir tous les articles « L’Institut »

Newsletter