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06-09-2021

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Transition écologique, justice sociale et responsabilité syndicale

Le GIEC a publié en août dernier un rapport qui ne laisse aucun doute sur l’aggravation et l’intensification du changement climatique. Les scénarios les plus pessimistes de ce rapport envisagent une hausse de plus de 5 degrés pour la fin du XXIème siècle, accompagnée d’une élévation du niveau des mers d’un mètre. La concentration de dioxyde de carbone et de méthane dans l’atmosphère atteint des records… et annonce des effets irréversibles.

Rien de nouveau dans tout cela, sinon dans l’accélération des processus… il y a maintenant plusieurs décennies que nous sommes alertés de la dégradation de la situation environnementale et de ses graves conséquences mais, si ce nouveau rapport n’a pas été ignoré des médias, il ne semble toujours pas suffire à une prise de conscience politique à la hauteur des périls. Pourtant, de plus en plus clairement, les incapacités du modèle économique actuel à engager les transformations écologiques nécessaires devraient nous conduire à ne plus accepter que la transition environnementale soit confondue avec la prescription de quelques comportements individuels vertueux. On peut se demander quelle part d’inconscience et quelle part de cynisme conduisent à ce que nous continuions à faire semblant, comme si la minorité possédante jugeait qu’elle trouverait toujours les moyens d’une parade, leur fut-elle égoïstement réservée.

C’est pourquoi notre responsabilité syndicale et militante est double : celle, bien sûr, de penser l’avenir de notre société dans les exigences de la transition environnementale mais aussi celle d’y associer les exigences d’une justice sociale. C’est l’ambition des propositions de « Plus jamais ça ! », collectif d’associations et de syndicats, que d’affirmer la nécessité de penser et d’agir conjointement face à l’urgence sociale et environnementale.

Nous voyons déjà combien les événements climatiques exceptionnels, s’ils n’épargnent personne, ont des conséquences largement plus dramatiques dans les pays du Sud. Et il en sera de même pour les classes populaires, dans les pays riches, qui seront davantage victimes des dégradations climatiques que ceux qui disposeront des moyens pour se préserver, au moins partiellement, de leurs conséquences. Ce n’est pas seulement une question d’équipement matériel capable de lutter contre les effets de la dégradation climatique, c’est l’accès à l’emploi, à la santé, à l’éducation qui pourraient se voir réduire encore pour une partie de la population dans un contexte où leurs enjeux seront accrus par le développement des risques. Notre responsabilité est grande de contribuer à la prise de conscience : nous ne pouvons plus nous suffire de quelques gestes environnementaux, de quelques annonces médiatiques, de quelques communications habiles : affirmer les perspectives indissociables de la transition écologique et de la justice sociale suppose que nous renoncions à un modèle où la croissance resterait considérée comme le meilleur vecteur d’amélioration de nos vies.

Le chantier de l’Institut de recherches de la FSU consacré à ces questions a voulu, en choisissant son intitulé, que soient unies ces deux perspectives : « Transition écologique et justice sociale en France et dans le monde ». Puisse le travail de recherche qu’il conduit contribuer à intégrer pleinement une telle exigence dans les luttes et les revendications syndicales et militantes.

Paul Devin, président de l’Institut de recherches de la FSU

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