15-06-2021

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« Le syndicalisme au défi du XXIème siècle. »

C’est une lettre un peu particulière que nous vous proposons aujourd’hui en la réservant à la publication des interventions liminaires du colloque que l’Institut de recherches de la FSU, la FSU et son centre de formation ont organisé les 2 et 3 juin dernier : « Le syndicalisme au défi du XXIème siècle. ».
Il y eut tout d’abord celle de Paul Devin ouvrant le colloque, que suivirent celles de Danielle Tartakowsky, Jean-Marie Pernot et de Christian Laval puis celle d’Alain Dalançon.
Le constat s’impose des difficultés croissantes auxquelles doit faire front le syndicalisme. Dans un contexte de dégradation des conditions de travail, de mise en cause des libertés et de croissance des inégalités, tout pourrait sembler favorable à de larges mobilisations… c’est loin d’être le cas.

Les transformations de l’emploi, les évolutions du travail, le déclin du paritarisme, le discours de mépris sur l’action syndicale … on ne peut que constater la convergence des facteurs qui contribuent à une mise en doute de la pertinence de l’engagement syndical et de sa capacité à défendre les intérêts individuels et collectifs des travailleurs comme à contribuer à construire la justice sociale.
Mais seule une analyse libérale pourrait laisser croire que ces évolutions seraient irréversibles et conclure à la fin du syndicalisme. De nouvelles formes de mobilisation, la réussite de luttes locales, la détermination à exiger l’égalité entre les hommes et les femmes et à lutter contre les discriminations… le mouvement social est loin d’être mort. D’autant que les organisations syndicales à qui on reproche de s’être enfermées dans une institutionnalisation sclérosante, ont, au contraire, montré leur volonté à prendre en compte la nécessité d’ouvrir de nouveaux champs de syndicalisation, de penser les questions de l’emploi dans les contraintes des enjeux environnementaux, de mieux intégrer les luttes contre les discriminations particulières dans leur enjeux sociaux.
Cette volonté ne s’inscrit pas dans une évidence des choix nécessaires. Ceux qui s’attellent à cette transformation de l’action et de la culture syndicale savent combien leur détermination se heurte à la complexité d’un monde asservi par la domination économique capitaliste et envahi par une crise de confiance dans l’action syndicale. Mais, la nécessité de ces perspectives nouvelles n’en reste pas moins indispensable. Elles doivent permettre au syndicalisme de jouer son rôle autant dans la défense des conditions de travail et de rémunération que dans les luttes pour la démocratie, l’écologie, le féminisme, l’antiracisme ou dans la revendication des droits individuels et collectifs.
Le syndicalisme a vocation à construire un monde plus juste, plus équitable et plus fraternel. Puissent ces textes et ceux qui viendront y jouer leur part …

Paul Devin, Hélène Gispert et Jean-Michel Drevon

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