Éditorial
« Tous
ces secteurs du savoir, de la recherche, de la pensée, du lien social,
producteurs de connaissance et de débat public font aujourd’hui l’objet d’attaques
massives, révélatrices d’un nouvel anti-intellectualisme d’État ».
Cette phrase de l’appel contre la guerre à l’intelligence lancé le mois
dernier par l’hebdomadaire culturel Les Inrockuptibles est entrée
profondément en résonance avec un sentiment très largement partagé aujourd’hui.
Par
rapport à cette évidence dont témoignent les dizaines de milliers de
signatures recueillies en quelques semaines, le mauvais procès fait à cette
pétition par le gouvernement et par la droite – les signataires n’auraient
pas le monopole de l’intelligence, ce dont ils sont évidemment les premiers
à convenir – apparaît bien dérisoire.
Ce
qui est certain, c’est que les luttes du printemps dernier dans l’enseignement
ne seront pas restées sans lendemain. Les intermittents du spectacle, les
chercheurs et d’autres auront rapidement pris le relais. Les mêmes causes
produisent en effet les mêmes effets : pour financer les cadeaux
successifs faits aux divers groupes qui constituent la clientèle électorale
du gouvernement, il a bien fallu trouver l’argent ailleurs. Ce sont les
budgets que les libéraux considèrent comme des charges improductives qui
paient les pots cassés. Comment s’étonner alors que le système éducatif
peine à faire réussir davantage de jeunes ou que le fossé se creuse avec
les États-Unis dans le domaine de la recherche ?
C’est
une question que l’on s’est bien gardé de poser dans le débat national
sur l’éducation !
Louis
Weber