Les luttes antisexiste et antiraciste sont-elles compatibles ou contraires ?
par Christine Delphy 8 mars 2017

On commémorera le 15 mars prochain les treize ans de la loi sur sur les « signes religieux ostensibles », interdisant le port du foulard dit islamique à l’école, sous peine d’exclusion définitive. À cette occasion, il convient de revenir sur le bilan que le collectif Une école pour tou-te-s avait réalisé en septembre 2005, concernant les effets les plus immédiats et concrets de cette loi : comment s’est-elle appliquée dans les écoles ? Quelles ont été les conséquences pour les élèves – les voilées, les dévoilées et les autres… ?

Mais le bilan doit aussi, pour être complet, prendre en compte les suites innombrables qu’a eue cette loi sur le terrain idéologique, politique et social pendant la décennie qui a suivi, que ce soit avec la loi anti-niqab de 2010, avec les interdictions de sortie scolaire aux mamans voilées, avec l’affaire Ilham Moussaïd et plus largement avec la production et la diffusion massive d’une voilophobie et d’une islamophobie « respectable », sans parler des effets de division et de diversion et d’un dramatique dévoiement du féminisme. C’est sur ce dernier point que porte le texte qui suit, initialement paru en 2006 dans la revue Nouvelles Questions Féministes. A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, nous le republions.

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